Rapport

Acquisitions d’entreprises privées au Canada Acquisitions d’entreprises privées au Canada

Guide pratique visant à faciliter la compréhension des défis entourant l’acquisition d’entreprises privées au Canada
25 juillet 2025 49 MIN DE LECTURE
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Auteurs : Alex Gorka et Brett Anderson

Structures de l’opération

Si plusieurs avenues permettent de prendre le contrôle d’une entreprise privée au Canada, les opérations de type fusion et acquisition reposent le plus souvent sur deux structures : l’achat d’actifs ou l’achat d’actions[1]. La décision fondamentale que doit prendre un acheteur consiste à choisir entre l’achat d’actifs ou d’actions. Bien qu’un certain nombre de facteurs peuvent influencer la décision d’acquérir des actifs ou des actions, l’acheteur préfère généralement acquérir des actifs et le vendeur préfère généralement procéder par vente d’actions. Toutefois, comme c’est le cas dans toute négociation de nature commerciale, les faits propres à l’opération en question et le pouvoir de négociation des parties concernées dicteront la structure de l’opération qui sera retenue.

Achat d’actifs

Dans le cadre d’une opération d’achat d’actifs, un acheteur conclut une entente avec une société afin d’acquérir seulement les actifs qu’il souhaite acheter, et d’assumer seulement certaines obligations particulières. Le reste de l’entreprise (en particulier les obligations conditionnelles, inconnues et non désirées) demeure entre les mains de la société vendeuse.

L’un des atouts majeurs d’une acquisition d’actifs réside dans la capacité de l’acheteur à choisir les actifs à acquérir et les obligations à assumer. Cette flexibilité est renforcée par la vérification diligente, qui permet à l’acheteur de bien cerner l’ensemble des actifs et des obligations visés, et par les déclarations et garanties de la société vendeuse concernant l’intégralité des actifs faisant l’objet de l’achat et leur suffisance. L’acheteur peut également définir contractuellement les limites de ses responsabilités, le risque d’hériter de responsabilités non déclarées ou inconnues étant généralement limité. Sur le plan fiscal, l’acquisition d’actifs est généralement plus avantageuse que l’achat d’actions, à moins que l’acheteur souhaite acquérir certains attributs fiscaux de la société cible. Les intérêts de l’acheteur – dont l’objectif consiste à sélectionner les actifs stratégiques tout en limitant la prise en charge d’obligations non désirées – s’opposent souvent à ceux du vendeur, qui cherche à se dégager pleinement de l’entreprise avec le moins d’obligations à long terme et résiduelles possible.

Il convient toutefois de noter que les achats d’actifs sont généralement plus complexes que les achats d’actions, notamment en raison du nombre de consentements à obtenir de la part de tiers et de la diversité des actifs à transférer, qui nécessitent des documents de cession et de transfert de titres de propriété simples ou multiples.

Lorsque la société cible ne vend qu’une partie de son entreprise ou détient d’autres entreprises en plus de celle qui est vendue (par exemple, lorsqu’elle exerce des activités par l’entremise de plusieurs divisions), la vente d’actifs peut représenter l’unique structure d’opération viable (soit directement ou indirectement, par exemple en transférant des actifs vers une nouvelle société dont les actions seront vendues par la suite).

L’acheteur préfère généralement acquérir des actifs et le vendeur, lui, préfère généralement procéder par vente d’actions

Achat d’actions

Par l’achat de la totalité des actions d’une société cible, l’acheteur se porte acquéreur de l’ensemble des actions de la société cible et, par conséquent, en assume indirectement tous les actifs et toutes les obligations, que ceux-ci soient connus ou non. La société cible devient alors une filiale de l’acheteur.

Les vendeurs tendent à préférer la vente d’actions, car elle leur permet a) de limiter leur responsabilité future relativement aux obligations de la société cible, sous réserve des engagements d’indemnisation consentis, et b) de profiter d’un traitement fiscal plus avantageux en raison du taux d’imposition préférentiel des gains en capital découlant de la vente d’actions au Canada.

Le principal avantage d’une opération d’achat d’actions pour l’acheteur et le vendeur réside dans sa simplicité relative, notamment :

Autres structures

L’acquisition privée de titres de participation au Canada peut également être réalisée par les moyens suivants :


[1] La plupart des entreprises au Canada qui ne sont pas exploitées à titre d’entreprises à propriétaire unique ou à titre de sociétés en nom collectif sont généralement constituées en sociétés par actions, conformément au régime prévu soit sous la Loi canadienne sur les sociétés par actions (Canada), soit sous l’une des lois équivalentes des dix provinces ou des trois territoires du Canada. Les provinces et territoires autorisent également la formation de sociétés en commandite, ces dernières servant de structures à des fins de transparence fiscale pour les sociétés au Canada. Certaines provinces permettent la formation de sociétés à responsabilité illimitée pouvant servir de structure hybride, les rendant ainsi transparentes sur le plan fiscal aux fins de l’impôt aux États-Unis, mais pas aux fins de l’impôt au Canada.

Ce guide porte sur les acquisitions d’entreprises privées constituées en société au Canada. Toutefois, plusieurs considérations et enjeux abordés dans ce document sont également pertinents pour les opérations d’acquisition d’autres formes d’entreprises au Canada.


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